Le PLIB, interviewé par Marianne [2/10]

Au cours de l'Été 2020, le PLIB a été contacté par une journaliste de l'hebdomadaire Marianne afin de répondre à des questions en vue de la rédaction d'un article sur les libertariens français. Nous remercions Marion Messina de nous avoir donné la parole. Son article est disponible ici.

Néanmoins nous avons quelques points de désaccord avec la vision donnée dans cette article. Afin de permettre au lecteur de continuer à se forger sa propre opinion, nous avons décidé de mettre en ligne sous la forme d'une série, les 10 questions que Madame Messina et les 10 réponses que nous lui avons apporté.

Question 2 : le terme « libertarien » implique-t-il un désintéressement complet du social et du sociétal au profil seul de l'économie de laquelle tout découlerait « logiquement » ?

Le libéralisme est systématiquement réduit dans le débat public à un « économisme ». Le libéralisme est une doctrine de droit, fondée sur la reconnaissance de l’individu comme métrique fondamentale de tout raisonnement juridique (individualisme méthodologique), et mettant l’émancipation de l’individu au centre de l’attention. Les libertés d’ordre économique, comme la liberté d’association, d’entreprendre, de simplement vivre du fruit de son travail découlent de tout cela. C’est dans cet ordre que les choses découlent « logiquement ».

Cela étant posé, l’économie, ce sont des gens qui interagissent, s’échangent des biens et des services de toute nature selon des modalités très différentes, pas uniquement pécuniaires. L’économie, c’est la vie de tous les jours. En conséquence, la littérature en science économique propose des enseignements très riches à qui en a la curiosité. Les libéraux étant fondamentalement des gens qui mettent le consentement au centre de leur système éthique, il est évident que comprendre la manière avec laquelle les personnes prennent la décision d’échanger ou non avec quelqu’un est primordiale pour nous, pour comprendre le fonctionnement du monde. Dès lors nous-autres libéraux sommes souvent assez informés sur cette thématique. Nous présentons souvent à nos contradicteurs des arguments économiques plus que philosophiques pour tenter de leur faire toucher du doigt ce qui ne va pas. De là découle cette idée tenace que le libéral est un monstre froidement rationnel ne raisonnant qu’en termes économiques.

Pourtant, cette connaissance est précieuse quand on adresse la question du social et d’une manière générale de la pauvreté. Pendant longtemps la question a été “Comment combattre la pauvreté ?”, mais la pauvreté est la situation « naturelle » des choses. La vraie question est « D’où vient la prospérité ? », et c’est la science économique qui apporte le plus de munition pour combattre les fléaux de la pauvreté.

Le député et économiste libéral Frédéric Bastiat, trop longtemps injustement oublié en France, a publié un long article en 1850 intitulé « Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas », dont le titre est un résumé à lui-seul du message porté. Les mesures inefficaces ou contre-productives mais cosmétiques ont plus de chance d’être défendues et appliquées que des mesures portant à des conséquences heureuses mais dont le sens échappe au premier abord. Les politiciens vivant de leurs succès électoraux, leur biais en la matière n’en est qu’encore plus renforcé. Dès lors se positionner contre des mesures populaires, car donnant l’impression de palier à quelque chose, mais redoutablement néfastes, est compliqué. En cela les libéraux ne jouent pas souvent le beau rôle.

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